Syndic : Acteur de la rénovation énergétique des logements

Le syndic de copropriété : un acteur de la rénovation énergétique des logements

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Syndic : Acteur de la rénovation énergétique des logements

Le syndic de copropriété : un acteur de la rénovation énergétique des logements

La rénovation énergétique a le vent en poupe car le bâtiment représente à lui seul 25% des émissions de gaz à effet de serre. Et le plan de relance économique que vient de lancer le gouvernement français fait la part belle à l’isolation thermique des immeubles, parmi les 30 milliards d’euros qui seront consacrés à la transition écologique. Une aubaine pour les copropriétaires qui peuvent ainsi, parfois gratuitement, soulager les charges de copropriété, réduire leur facture énergétique individuelle et valoriser leur patrimoine immobilier tout en ayant la satisfaction de contribuer à la réduction des gaz à effet de serre.

Dans cette chasse aux aides financières, la FNAIM Côte d’Azur est déterminée dans sa volonté de faire du syndic de copropriété un relais essentiel de la rénovation énergétique des copropriétés.

Situé au carrefour exact entre les besoins des copropriétaires et les prises de décision des travaux à mettre en œuvre, le syndic de copropriété canalise le travail partenarial avec le conseil syndical en lui soumettant les devis, puis en préparant les projets de résolutions à soumettre à l ’Assemblée Générale annuelle.

Mais ce que l’on sait moins, c’est le rôle déterminant de veille législative et réglementaire qu’il peut tenir pour conseiller les copropriétés sur les aides et subventions qu’elles peuvent mobiliser pour valoriser leur patrimoine. La production de textes normatifs est en effet si volumineuse que seule une vigilance et une analyse fouillée des dispositions permet d’en profiter.

C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne la rénovation énergétique des bâtiments.

La rénovation énergétique est au cœur des préoccupations en faveur de la protection de l’environnement

C’est devenu une évidence : l’énergie la moins coûteuse est celle que l’on ne consomme pas. Or la majorité du parc immobilier actuel est une véritable passoire énergétique. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a mis en œuvre des programmes considérables d’aide à la rénovation, notamment par le biais de l’Agence Nationale d’Amélioration de l’Habitat (ANAH). Isolation des combles et des planchers bas, coques de protection pour calorifugeage des canalisations d’eau chaude, Isolation Technique des Extérieurs pour l’enveloppe des immeubles et leurs façades, isolation des VMC très énergétivores, et de toutes les sources de déperdition telles que toitures et vitrages, compteurs de thermie qui répartissent au mieux les frais de chauffage au sein des copropriétés, les techniques s’améliorent en permanence sous la pression des enjeux environnementaux.

Au point que, dans le cadre du plan de relance destiné à redresser l’économie française frappée par la crise de la Covid-19, le gouvernement a décidé d’injecter près du tiers des financements, 30 milliards d’euros, dans la transition écologique, au sein de laquelle la rénovation thermique des bâtiments figure au premier plan. L’objectif affiché de l’État est d’accélérer la conversion écologique pour que nous devenions plus économes de nos ressources naturelles.

Les copropriétés peuvent être les principales bénéficiaires de ces dispositions

L’essentiel du parc immobilier français est vieux de 30, 40 à 50 ans et ne répond plus aux normes d’isolation énergétiques actuelles. Le patrimoine vieillissant des copropriétaires risque ainsi de se dévaloriser rapidement. Même si en Région Sud favorisée par la douceur de son climat, ils ont moins tendance à investir dans la rénovation énergétique que sur le reste de l’Hexagone, la mobilisation de ces fonds publics disponibles est une opportunité à saisir pour valoriser leur patrimoine à peu de frais. D’ailleurs, une étude réalisée par le CSA révèle que 87% des copropriétaires estiment que des travaux de rénovation énergétique amélioreraient le confort de leur logement et réduirait la facture des charges.

Mais le maquis des dispositifs d’économie d’énergie est si touffu qu’il est difficile de s’y retrouver et de profiter ainsi des aides et subventions auxquelles sont éligibles les copropriétés. E effet, parmi les freins cités par les copropriétaires, 79% évoquent la difficulté de mise en œuvre.

C’est là qu’intervient le syndic de copropriété. Il est un élément moteur pour saisir les opportunités qui se présentent, identifier les dispositifs, les proposer aux copropriétés, monter les dossiers de subventions et mettre en œuvre les travaux de rénovation énergétique.

La FNAIM a mis en place une formation dédiée

Créée en 1984 par la FNAIM, l’École Supérieure de l’Immobilier (ESI) est devenue la référence des formations aux métiers de l’immobilier grâce à ses 50 centres répartis sur tout le pays. Parmi les 450 thématiques qu’elle enseigne dans son cursus pédagogique, dont plusieurs universitaires validantes, elle insère désormais une formation labellisée « Copro vertes ». Lancé par la FNAIM en partenariat avec l’association Qualitel, ce mouvement national vise à informer les copropriétés et les former à la rénovation énergétique. Une initiative qui vise à faire des syndics, interlocuteurs au quotidien des copropriétaires, des « relais » afin de massifier les travaux de rénovation énergétique.

 

Des sessions de formation gratuites sont ainsi proposées aux syndics de copropriété et aux adhérents de la FNAIM. Ce programme leur apprend les dispositions techniques de rénovation énergétique, les nouvelles normes en la matière, leur permet de sensibiliser les copropriétaires à ces enjeux, leur donne une vision globale des financements mobilisables au profit des copropriétés et leur apprend comment aller les chercher.

 

Les syndics formés peuvent d’ailleurs valoriser leur expertise par un diplôme d’agrément à apposer dans leur cabinet. Et les copropriétaires ont la possibilité de mettre en avant leurs compétences grâce à un kit de mobilisation qui leur sera fourni. Une façon de reconnaître l’engagement des différents acteurs et d’en faire « des relais » de la rénovation énergétique.

Les résultats sont très prometteurs

A titre d’exemple, les cabinets de syndics de copropriété des deux signataires de cet article ont profité de la période d’accalmie contrainte du confinement pour monter les dossiers de demandes de financement d’une centaine de copropriétés concernant les dispositions de rénovation énergétiques des combles et caves, qui diminueront la facture énergétique de 15%. A l’échéance de ce dispositif qui prenait fin au 1er septembre, ils avaient reçu l’agrément pour l’obtention de près d’un million d’euros de subventions et vont pouvoir lancer gratuitement les travaux courant octobre !

Ce dispositif ne prend désormais plus en charge que 50% des travaux. Et celui concernant l’isolation des canalisations prendra fin à son tour avant la fin de l’année. Il est donc essentiel d’exercer une veille permanente sur les programmes d’aides, de primes et de subventions et de monter rapidement les dossiers avant leur échéance.

 

Aussi la FNAIM s’est-elle maintenant fixé comme objectif d’identifier et de mobiliser les fonds européens disponibles grâce au mécanisme des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Le principe de cette mesure politique complexe est de taxer les entreprises les plus polluantes pour les inciter à réaliser des économies d’énergie ou de les encourager à racheter des certificats remis aux entreprises les plus vertueuses, par le biais d’une sorte de bourse de CEE. Le différentiel des sommes constitue un fonds abondant de subventions en faveur des économies d’énergie.

La FNAIM Côte d’Azur envisage de se doter d’une expertise permanente

Comme on le voit, ces dispositifs, pour généreux qu’ils soient, sont d’une extrême complexité à identifier et mettre en œuvre. Et les syndics de copropriété, déjà perturbés par la période de confinement Covid-19 et submergés par l’avalanche de textes réglementaires qui régissent le secteur, manquent de temps pour participer aux sessions de formation.

Aussi, la nécessité de disposer d’une expertise permanente se fait-elle ressentir. Sur le modèle de la Savoie, la chambre départementale 06 de la FNAIM étudie la faisabilité de recruter en partenariat avec des institutions un expert chargé d’assister ses adhérents à la recherche de primes et subventions en matière de rénovation énergétique et au montage des dossiers.

Affaire à suivre.

 

Antoine Mascarello et Hervé Valonga