L’accélération de la digitalisation de la filière immobilière à l’heure du COVID-19

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L’accélération de la digitalisation de la filière immobilière à l’heure du COVID-19

Le confinement imposé par le gouvernement afin d’enrayer la propagation de l’épidémie de Covid-19 a entraîné la fermeture soudaine des agences et l’arrêt brutal de l’activité d’un secteur au sein duquel les relations interpersonnelles sont déterminantes. La profession a immédiatement réagi pour trouver des solutions alternatives aux problèmes posés par la distanciation. Mais si le développement à marche forcée de la numérisation des échanges a été l’un des facteurs principaux du maintien de ce lien, il a paradoxalement mis en évidence l’importance déterminante du facteur humain entre les acteurs de la filière.

Par sa soudaineté, le confinement a brutalement impacté toute la profession, des transactions à l’administration des copropriétés, en passant par la gestion locative. Au risque de gripper irrémédiablement la machine, il a fallu trouver des solutions à cette conjoncture inédite. Heureusement, tous les partenaires au quotidien des agences immobilières ont joué le jeu, qu’il s’agisse de l’État, des notaires, des banques et des courtiers en financement.

Le secteur de la transaction a su trouver des alternatives numériques à la visite en présentiel

Les portes des agences fermées, et les acquéreurs éventuels confinés à domicile, la première préoccupation des professionnels a été de permettre les visites virtuelles des biens. La tendance était déjà enclenchée et il a surtout fallu, pendant cette période singulière et pour anticiper la reprise, accélérer la mise en place des outils de prise de vue, de montage et le développement des tutoriels correspondant. De fait, dès l’annonce par le président de la République du déconfinement progressif à partir du 11 mai, la fréquentation des sites internet des agences a repris et les visites à distance ont permis de renouer le lien avec les acquéreurs. Elles ont ainsi rapidement grimpé au niveau enregistré au début de l’année. Meilleur indicateur de la reprise qui s’est amorcée, le trafic du portail de la FNAIM a renoué avec son niveau de fréquentation de février.

Du côté des estimations, en revanche, la présence de l’humain s’avère déterminante

En matière d’estimation, le phénomène de mise à disposition en ligne de data volumineuses sur le montant des transactions avait déjà entraîné l’irruption sur le marché de nombreux logiciels dédiés. La période du confinement et ses conséquences sur le niveau des prix ont entraîné leur lot d’incertitudes et l’une des principales préoccupations des vendeurs post-Covid-19 a naturellement été de reévaluer l’estimation de leur bien. L’expérience a en revanche prouvé ici les limites des outils dématérialisés. En période habituelle, l’agent implanté localement au cœur de son territoire a la capacité d’analyse la plus fine au quotidien d’une estimation immobilière qui varie sensiblement, dans un même immeuble, selon l’exposition, l’emplacement ou l’étage. Mais la volatilité du marché déconfiné en fait le meilleur spécialiste pour en interpréter l’évolution, d’autant que les data ne fournissent qu’un état des transactions passées et s’avèrent un outil d’analyse parmi d’autres. Un algorithme ne remplacera jamais la présence humaine sur le terrain et ses capacités d’analyser en temps réel les tendances de rencontre de l’offre et de la demande. Une belle revanche de l’humain sur la machine, en quelques sorte.

La généralisation de la dématérialisation a maintenu en partie le niveau de ventes

Grâce à l’appel des partenaires de la filière aux technologies dématérialisées, les ventes n’ont pas été entièrement mises à l’arrêt. La profession de notaire a notamment eu largement recours aux processus existants de signatures électronique, de même que les banquiers, ce qui a permis de maintenir la conclusion de nombreux actes authentiques et de mener des transactions à leur terme. Cette dématérialisation a été prorogée jusqu’à la mi-Août pour décongestionner les études et fluidifier les transactions. De la même façon, ces techniques ont permis aux courtiers en financement de transmettre aux clients les certificats de faisabilité du dossier. Une réactivité qui a souligné en creux les blocages dûs à la fermeture de la publicité foncière et aux délais de purge du Droit de Préemption Urbain.

Plus généralement, la numérisation des outils de gestion a profité de la crise

L’épidémie a permis d’accélérer la tendance en cours à la digitalisation des agences adhérentes. Numérisation de la gestion et des catalogues, sites web 2.0, intranet, visioconférences, webinaires, télétravail ont été autant de chantiers permettant de simplifier les processus et de remettre à niveau les professionnels.

Enfin, la digitalisation a permis la tenue de certaines AG de copropriété

Notre région est particulièrement touchée par les cycles de tenues des Assemblées Générales de Copropriété qui ont lieu tous les jours, de mai à juillet. Les règles sanitaires de respect des distanciations sociales imposaient de les limiter à dix personnes. L’alternative de l’utilisation de l’outil de visioconférence et des signatures électroniques a permis de désengorger partiellement les agendas. Mais partiellement seulement pour deux raisons :

  • Ces technologies n’offrent encore qu’une sécurité juridique relative face aux enjeux qui résultent de la possibilité d’attaquer les décisions d’une AG dans les deux mois de sa tenue.
  • De plus, il faut bien reconnaitre que la présence virtuelle n’a pas remplacé dans l’esprit des copropriétaires l’intérêt d’une présence au seul rendez-vous annuel de leur collectivité.

Heureusement, sous la pression, entre autres, de la FNAIM demandant des assouplissements exceptionnels, les pouvoirs publics ont rapidement trouvé des aménagements juridiques pour proroger les AG à l’an prochain, surseoir aux gros travaux ou reconduire d’autant les contrats de syndics, sans pour autant supporter les frais d’une seconde convocation coûteuse.

En conclusion, si la numérisation accrue des outils des adhérents FNAIM à cause de l’épidémie a simplifié et fluidifié les processus, elle a également permis de révéler la primauté de l’humain en termes d’expertise. Et ainsi, de le replacer au cœur du dispositif de la transaction et de la gestion immobilières.